Quand votre activité commence à évoluer, il peut être tentant de vouloir recruter quelqu’un pour continuer à développer votre micro-entreprise (NDLR : le terme micro-entrepreneur désigne désormais aussi les auto-entrepreneurs).

Mais en avez-vous le droit ? Est-ce une solution intéressante pour vous ? Voici la réponse :

Un auto-entrepreneur ou un micro-entrepreneur peut-il embaucher ?

Légal, mais vivement déconseillé

Il faut bien distinguer :

  • ce qui est légal
  • ce qui est intéressant pour votre micro-entreprise

Théoriquement, votre micro-entreprise est une entreprise comme les autres. Vous avez donc tout à fait le droit d’embaucher quelqu’un à temps complet ou à temps partiel, à partir du moment où vous respectez la législation en vigueur.

En pratique, ce n’est pas du tout la même chose. Le régime de la micro-entreprise (auto-entreprise) n’est pas du tout adapté si vous voulez recruter.

Il y a en effet de nombreux inconvénients :

- Sauf à changer de statut, votre chiffre d’affaires est limité par les plafonds imposés au régime de la micro-entreprise : le recours à un salarié n’est pas intéressant si vous ne pouvez pas développer significativement votre CA.

- Vous ne pouvez  pas déduire vos charges : vous devrez payer vos cotisations sociales et votre impôt sur votre chiffre d’affaires. Même si vous êtes en réalité déficitaire ! Ne perdez pas de vue non plus qu’un salarié coûte cher : il y a son salaire ( SMIC : 1457,52 € mensuel brut soit environ 1133 € net au 1er janvier 2015) mais aussi les charges patronales et salariales.

- Pour assumer la charge financière liée à cette embauche, vous risquez de devoir réévaluer vos tarifs. Or, si vous augmentez vos prix, vous pouvez être moins compétitifs par rapport à la concurrence et perdre aussi certains clients réguliers.

- Le droit du travail est très complexe. Vous risquez d’avoir besoin d’un accompagnement (payant) pour limiter les risques d’erreur (au niveau du contrat d’embauche, de la gestion de la paie…). Il existe bien le TESE (Titre Emploi Service Entreprise) mais cette solution n’est pas si simple qu’il y parait (en réalité, certaines charges sociales ne sont pas gérées : taxe d’apprentissage, formation professionnelle continue…).

Quelles solutions s’offrent à vous ?

Il n’y a pas de solution “miracle”. Tout va dépendre de vos besoins.

Par exemple, recourir à un prestataire (un commercial ou une télésecrétaire par exemple) peut-être une bonne option s’il s’agit d’interventions ponctuelles. Si vous avez un besoin régulier, il faut se poser la question du coût.  Ne perdez pas de vue que vous ne pouvez pas déduire vos charges.

Si vous faites face à une augmentation d’activité, le recours à la sous-traitance est fortement déconseillé.  A ce sujet, vous pouvez consulter le dossier : Auto-entrepreneurs : avez-vous le droit de sous-traiter ?  La co-traitance n’est pas non plus sans risques : si un professionnel partenaire effectue la prestation et présente directement sa facture au client, rien ne dit que vous ne perdrez pas ensuite votre client (il peut travailler mieux ou avoir un meilleur relationnel que vous, ou encore en profiter pour faire une offre commerciale à votre client).

Dans tous les cas, il s’agit de trouver la solution la moins pénalisante pour vous. Si les affaires marchent bien, il est d’ailleurs peut-être temps d’envisager de changer de statut… 

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Crédit photoShutterstock.com
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