Guillaume Maurice est le dirigeant d’EventsFilm, une entreprise qui réalise des vidéos pour les professionnels (clips promotionnels, présentation de produits, d’événements, reportages…) et pour les particuliers (mariages…).

Ce spécialiste de l’image et de la communication accompagne donc ces clients pour leur permettre de faire passer leur message et convaincre leur cible.  Un savoir-faire qui lui a permis de se faire connaître et d’intervenir sur de multiples projets :  5ème Carrefour de la solidarité étudiante, prise de vue lors de l’interview de Thierry Lhermitte pour le projet Imagine, Lipdub pour l’Ecole des Mines de Douai…

En résumé, Guillaume montre qu’il est possible de réussir en étant jeune et auto-entrepreneur !

Dans le cadre de la semaine spéciale “Créer son auto-entreprise en 2013″ du 26 février au 05 mars 2013, il a accepté d’apporter son témoignage et de donner des conseils à tous les auto-entrepreneurs qui veulent réussir le démarrage de leur entreprise.

Si près de la moitié des jeunes diplômés rêvent de créer leur entreprise, seulement 1% d’entre eux osent franchir le cap. En tant que jeune entrepreneur, comment expliquez-vous ce phénomène ? De votre côté, avez-vous rencontré des difficultés particulières liées à votre âge ? (pour convaincre, trouver des financements…)

En règle générale, quand on finit nos études, on n’a qu’une seule envie : devenir totalement indépendant, toucher ses premiers salaires, s’installer… Surtout en cette période où on cherche surtout la sécurité de l’emploi à tout prix. Mais bien sûr, de nombreux étudiants sont tentés par la création d’entreprise ! De plus en plus de formations supérieures mettent l’accent dessus, on en parle de plus en plus dans les médias…

Mais la majorité des étudiants reste bloqués par leur manque d’expérience  et d’argent. Du coup ils se disent « Je travaille une dizaine d’années pour me faire une bonne expérience et mettre de l’argent de côté, et après c’est sûr je me lancerai ! ». Donc comme les sondages le montrent, il y a une vraie attirance des étudiants pour la création d’entreprise, mais le salariat l’emporte facilement sur l’aventure de la création, surtout avec le contexte actuel qui n’encourage pas la prise de risques.

Mon cas est un peu particulier. Pour replacer les choses dans leur contexte, j’étais étudiant en école d’ingénieurs et surtout passionné de vidéo. Durant un stage de césure, j’ai pu mettre de l’argent de côté et me lancer en auto-entrepreneur dans la prestation audiovisuelle. Je trouvais quelques clients de temps en temps, ce qui me permettait de réinvestir directement dans du matériel, sans pression car j’ai eu la chance d’avoir des parents qui me payaient les frais liés à mes études (logement, nourriture…). J’ai été diplômé il y a tout juste un an et je me suis lancé dans l’aventure à temps plein, en me donnant une année pour trouver un rythme suffisant pour devenir indépendant au niveau de mes dépenses.

Les clients que je rencontre sont souvent impressionnés par mon jeune âge. Il m’est souvent arrivé de venir pour filmer un événement et que mon client s’exclame « Ah mais tu as du matériel de pro ! ». Ca tombe bien, j’en suis un !

Notre âge nous oblige à batailler plus pour être crédible. En Business to Business, les clients en profitent pour demander des prestations gratuites ou presque parce que « ça fera une bonne expérience ». Mais finalement, les clients sont satisfaits car je m’efforce à être le plus carré et professionnel possible tout en leur livrant une prestation de qualité. Le bouche à oreille prend le relais par la suite et me permet d’avoir une meilleure crédibilité face à de nouveaux clients.

Réussir le démarrage de son auto-entreprise

Beaucoup de créateurs pensent qu’opter pour le statut d’auto-entrepreneur, moins formaliste, les dispense de réaliser un business plan avant de se lancer. Dans une discussion du forum (voir ici), vous indiquez au contraire que vous avez pris le temps nécessaire pour peaufiner votre business plan. Pouvez-vous nous expliquer ce choix ? Cela a t-il facilité le lancement de votre entreprise ?

En effet, j’ai eu la chance d’avoir pu réaliser un business plan dans le cadre de mes études, avec l’aide d’intervenants, sur 6 mois. Je pense que je n’en aurai pas fait si l’occasion ne s’était pas présentée, j’aurai sûrement épluché tous les sites de mes concurrents potentiels pour m’informer sur les prestations, leur tarif et leur qualité, sans chercher plus loin.

Le business plan est un élément essentiel pour toute personne souhaitant se lancer à 100% dans son activité et avec une vision à long-terme. Beaucoup d’auto-entrepreneurs ’étonnent que leurs ventes ne décollent pas, qu’ils n’arrivent pas à se faire connaître malgré leur idée de génie.

Réaliser un business plan ne sert pas uniquement à ceux qui souhaitent lever des fonds, bien au contraire :

  • il nous fait réfléchir sur le bon statut à adopter
  • il nous permet de nous rendre compte s’il y a vraiment un marché pour notre idée, s’il y a un potentiel suffisant pour se faire des bénéfices, voire recruter
  • il nous permet de réfléchir en profondeur sur notre activité, comment se différencier

Bien évidemment, en fonction de l’activité, le business plan peut être plus ou moins développé. Quand on cherche à lever des fonds, ou bien lorsqu’on lance une activité nouvelle ou peu développée, alors il faut prendre du temps pour peaufiner son business plan. En aucun cas ça doit être considéré comme une perte de temps, bien au contraire !

C’est sûr qu’il existe des auto-entrepreneurs qui se sont lancés tête baissée sans prendre le temps de réaliser un busines plan et qui s’en sortent très bien et tant mieux pour eux !

Personnellement, j’ai réalisé le business plan dans l’optique de créer une agence de communication (web, identité visuelle, print, vidéo, réseaux sociaux) avec un ami. Aujourd’hui, je suis encore indépendant dans la vidéo, mais le business plan m’a permis d’ajuster mes tarifs et d’avoir une vision à long-terme sur l’évolution que je souhaite apporter à mon activité.

Lancer son auto-entreprise

Trouvez-vous que les informations données lors de la création de votre auto-entreprise (notamment sur le site officiel www.lautoentrepreneur.fr) sont suffisamment claires ? Avez-vous rencontré des difficultés pour obtenir des indications ou pour remplir les formulaires de déclaration ?

Lorsque je me suis inscrit sur le site des auto-entrepreneurs (il y a plus de 2 ans), j’ai eu la sensation d’être un peu livré à moi-même, malgré la simplicité de la déclaration.

Je ne sais pas comment ça a évolué depuis, mais avec du recul je me dis que j’aurais du plus m’informer avant de remplir ma déclaration. Notamment au niveau du code APE qui détermine votre statut (artisan, profession libérale…) et du fameux prélèvement libératoire… Parce qu’aujourd’hui pour modifier quelques informations, ça peut facilement prendre plusieurs mois !

Donc si j’ai un conseil à donner à ceux qui souhaitent s’inscrire en auto-entrepreneur, c’est de s’informer auprès des forums adaptés (notamment celui de Gautier-Girard, véritable mine d’informations pour les auto-entrepreneurs !) AVANT de s’inscrire.

Quels sont les supports de communication et les actions marketing qui, selon vous, sont les plus pertinentes pour promouvoir votre activité ? Quels conseils pourriez-vous donner à ceux qui se lancent ?

Tout dépend bien évidemment de l’activité exercée. Dans mon cas (réalisation de vidéos d’entreprise, vidéos événementielles…), j’ai réalisé après quelques mois que la majorité de mes contrats venaient du bouche à oreille !

Je pense qu’il faut différencier les activités Business to Business et Business to Consumer.

Dans le premier cas, ça marche essentiellement grâce au réseau qu’on se construit au fur et à mesure des rencontres, au portfolio et au bouche à oreille. Donc le
meilleur support de communication reste indéniablement vos clients contents de votre travail ainsi que votre portfolio !

Pour le Business to Consumer, c’est aussi le cas. Mais ça ne suffit pas, car il faut se rendre visible auprès du grand public. La différence entre les entreprises qui font parler d’elles et celles qui restent dans l’ombre ne tient qu’à une chose (ou presque) : l’investissement dans la communication !

Et c’est aussi là où le business plan devient indispensable : il permet de définir en détail sa/ses cibles, donc d’adapter sa communication.

Aujourd’hui le web, et notamment les réseaux sociaux deviennent indispensables dans la communication auprès du grand public. Plus qu’une simple page Facebook, il faut apporter une véritable expérience d’achat, créer une communauté autour de ses produits/services, faire du buzz avec une vidéo… Bref, surfer sur toutes les nouvelles tendances tout en ayant une base solide (charte graphique professionnelle, site internet sobre et fonctionnel…)

Redoutez-vous les modifications qui risquent d’être apportées à ce régime avantageux ? Que pensez-vous de la limitation dans le temps par exemple ?

Honnêtement, je trouverai dommage que le gouvernement décide de modifier en profondeur ce statut. Beaucoup d’entrepreneurs, notamment dans l’artisanat ou le
bâtiment, le qualifient de « concurrence déloyale », mais ils oublient dans leurs discours tous les désavantages du statut tels que l’impossibilité de déduire les charges du chiffre d’affaires, ou d’acheter/vendre hors taxes…

Aujourd’hui on trouve deux grandes catégories d’auto-entrepreneurs :

  • ceux qui veulent se lancer sans trop prendre de risque pour tester leur activité
  • et ceux qui l’utilisent pour arrondir leurs fins de mois, exercer une seconde activité.

Limiter le statut dans le temps aurait pour conséquence de supprimer cette deuxième catégorie d’auto-entrepreneurs,ni plus ni moins. Ce serait incohérent par rapport à leur politique, et surtout par rapport au contexte actuel qui fait que de nombreuses personnes ont besoin de ce revenu supplémentaire !

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