Les mots ont un sens. Or, il y a des expressions “de tous les jours”, que nous employons sans nous en rendre compte, qui peuvent faire des dégâts considérables dans notre relation avec autrui. Surtout lorsqu’il s’agit de nos collaborateurs !

Voici quelques-unes de ces petites phrases à proscrire si vous voulez conserver une bonne ambiance de travail et continuer à motiver vos salariés :

Management : apprendre à communiquer pour mieux manager

1) “Je m’en occupe dès que j’ai un peu de temps”

Cette phrase est à proscrire ! Quand vous l’employez, vous donnez à votre interlocuteur l’impression qu’il ne vous intéresse pas. C’est exactement comme si vous lui disiez : “Bon écoute, j’ai un milliard de chose à faire plus importantes que toi ou que ta demande. Alors on verra si je le fais ou pas, si j’arrive à trouver du temps de libre ou pas.”

Il faut plutôt privilégier l’expression “Je m’en occupe dès que possible”. Dans ce cas, vous exprimez à la fois votre indisponibilité temporaire mais aussi votre volonté de gérer la demande qui vous est adressée. Votre salarié ne se sentira donc pas rejeté.

2) “Vous n’auriez pas dû faire ça”

Il peut arriver qu’un de vos collaborateurs fasse, en toute bonne foi, une bêtise. Ce n’est pas une raison pour employer la phrase “Vous n’auriez pas dû faire ça”. Elle est loin d’être si anodine que vous pouvez le croire !

Elle va en effet avoir plusieurs conséquences négatives :

  • elle ne prend pas en compte l’implication du salarié qui a cru bien faire,
  • elle est culpabilisante,
  • elle est inhibante : vous allez décourager tout esprit d’initiative et toute tentative d’autonomie,
  • elle conduit votre interlocuteur à se perdre dans des justifications inutiles et stériles.

Il est préférable de dire “Vous avez voulu bien faire, mais à l’avenir, il serait préférable de…”. En quelques mots, vous reconnaissez sa bonne volonté, vous lui montrez son erreur et vous lui indiquez des pistes d’amélioration pour la suite. Votre démarche reste donc positive. A ce sujet, vous pouvez d’ailleurs consulter le dossier : L’art de la critique constructive : comment critiquer utilement ?

3) “Vous verrez, c’est un jeu d’enfant, vous ne pouvez pas vous tromper”

Quand vous employez cette phrase, vous avez une bonne intention puisque vous cherchez à rassurer votre collaborateur.

Mais en réalité, votre interlocuteur reçoit un message très différent. Ce qu’il entend, c’est que vous lui confiez une tâche sans intérêt - donc dévalorisante - et qu’il va falloir qu’il se débrouille tout seul. En cas de doute, il aura le sentiment de ne pas être à la hauteur et il n’osera pas non plus vous solliciter (ce qui augmente le risque d’erreurs).

Pour bien faire, vous devez vous mettre à la place de votre interlocuteur : ce n’est pas parce que telle tâche vous semble simple ou évidente qu’elle le sera pour lui. Prenez d’abord le temps de lui montrer comment faire ou donnez-lui des explications détaillées.

Dites-lui : Je vous montre (ou je vous explique) comment faire. Si vous avez des questions, vous pouvez demander à XXX ou venir me trouver.”

Une bonne attitude consiste aussi à donner du sens à la tâche réalisée : “Ceci (la tâche confiée) nous permettra ensuite de (vous expliquez en quoi elle est utile)…”.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Quelles sont, à votre avis, les phrases à éviter pour manager vos collaborateurs ?

Crédit photo : David Sanabria 
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