Parité euro dollar, euro, dollar : Parité euro-dollar et chute du dollar : le Président américain s’inquiète publiquement

C’est une inflexion déterminante dans le discours de l’Administration américaine. Il y a quelques jours, le Président des Etats-Unis G.W. Bush s’est inquiété publiquement de la baisse du dollar par rapport aux principales monnaies internationales. Dont l’euro.

Ainsi, le Président américain a déclaré sur une chaîne de télévision américaine qu’il désire un dollar plus fort. Auparavant, l’Administration américaine n’appelait que mollement à un “dollar fort“.

Le dollar faible : les autorités craignent un atterrissage en catastrophe

D’une baisse contrôlée à une baisse vertigineuse du dollar

Jusqu’à maintenant, la faiblesse du dollar et son atterrissage en douceur donnait satisfaction aux autorités américaines. Contrôlée, cette faiblesse de la parité du dollar permettait de stimuler les exportations au moment même où la demande intérieure, en raison de la crise des subprimes, ralentit fortement.

Or depuis quelques semaines, la baisse en valeur de la monnaie dollar semble hors de contrôle. Fin février 2008, il fallait débourser 1,5 dollar pour obtenir 1 euro. Ces derniers jours, c’est presque 1,6 dollar qu’il est nécessaire de débourser pour obtenir 1 euro !

Les autorités américaines craignent l’inflation importée ainsi qu’une défiance des investisseurs

Le Président américain craint d’abord les conséquences inflationnistes d’un plongeon du dollar. “Une des raisons pour lesquelles je suis favorable à un dollar fort, c’est parce que (…) je crois que cela aide les gens à faire face à l’inflation, a déclaré M. Bush. L’affaiblissement du dollar a affecté notre capacité à acheter de l’énergie. (…) Notre dollar ne permet plus d’acheter autant de barils de pétrole qu’avant, et cela fait plus cher pour les Américains.”

Mais ce que les autorités craignent avant tout, c’est une défiance des investisseurs internationaux envers les actifs financiers américains. Cette défiance causée par ce dollar en chute pourrait poser un problème de financement du déficit des Etats-Unis : “Nous pouvons signaler au monde que leur capital est le bienvenu aux Etats-Unis, que nous allons combattre le protectionnisme et que nous allons nous occuper [des difficultés que traverse actuellement l’économie américaine]”, a-t-il dit.

Partage des rôles entre la FED et le pouvoir politique aux Etats-Unis ?

On peut se demander comment fonctionne le tandem entre le Président des Etats-Unis G.W. Bush et le Président de la FED Ben Bernanke. En effet, alors que M. Bush faisait ces déclarations, Ben Bernanke annonçait successivement l’injection de liquidités puis hier une nouvelle baisse des taux d’intérêt.

Or on sait qu’une baisse des taux d’intérêt va à l’encontre d’un raffermissement du dollar : la monnaie dollar rémunère moins en cas de baisse des taux d’intérêt, ce qui pousse les investisseurs à acheter d’autres monnaies comme l’euro.

A moins que ces manoeuvres restent dans la logique de partage des rôles entre la FED et la BCE pour faire face à une récession mondiale ?

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