Augmentation des prix, inflation, économie américaine : L’économie américaine s’oriente t-elle vers la stagflation ?

Plusieurs chiffres tombés cette semaine laissent penser que l’économie américaine s’oriente vers une stagflation plutôt qu’une récession. Je vous propose un tour d’horizon de ces chiffres.

Chiffres positifs de l’économie américaine

L’économie américaine a stagné au quatrième trimestre 2007. Le PIB aurait progressé de +0,6% entre le 3ème et le quatrième trimestre. Cela porte la croissance des Etats-Unis à un petit +2,2% pour l’ensemble de l’année 2007.

Pendant ce temps les revenus et les dépenses des ménages sont en hausse. On compte +0,2% d’augmentation des dépenses en décembre 2007, après +1% en novembre, ainsi que +0,5% d’augmentation des revenus. Le taux d’épargne est quant à lui revenu dans le vert en décembre (+0,2%).

Mais (parce qu’il y a un mais…) de mauvais chiffres contrastent ces bonnes nouvelles économiques.

Chiffres négatifs de l’économie américaine

L’inflation est en augmentation de +0,2% en décembre, soit une inflation de +2,2% pour l’ensemble de 2007 (indice PCE qui mesure l’augmentation des prix à la consommation des ménages hors alimentation et énergie). Pour information la Réserve Fédérale américaine juge cet indice alarmant lorsqu’il est supérieur à 2%.

Dans le même temps, le nombre d’inscriptions au chômage a brutalement augmenté de +69 000 personnes la semaine dernière (contre 4 diminutions consécutives des inscriptions les 4 semaines précédentes).

Un PIB stagnant, une inflation qui pointe son nez

Les mesures phare du plan Bush ainsi que la nette réaction de la FED de diminution des taux d’intérêt décidées ces dernières semaines semblent donc inefficaces à court terme. L’effet psychologique des annonces n’a donc pas joué pour l’instant.

Ainsi donc l’économie américaine n’est toujours pas en récession. L’augmentation du PIB est faible mais reste positif. En même temps les revenus des ménages augmentent et l’inflation pointe son nez.

Je pense que la FED a pris un risque en diminuant autant ses taux d’intérêt : préférer soutenir la croissance quitte à attiser l’inflation ou laisser l’économie atterrir on ne sait trop de quelle façon. Cela ne m’étonnerait pas qu’elle diminue à nouveau ses taux d’intérêt dans les prochaines semaines pour remettre un coup d’huile dans la machine : l’économie stagne toujours, l’inflation se fait jour mais n’est pas dramatique. Pourquoi ne pas augmenter la dose de remède ?

Je ne peux toutefois m’empêcher de rappeler la forte capacité de résilience de l’économie américaine après des coups durs. Des chiffres spectaculaires peuvent survenir dans les prochaines semaines.

Pendant ce temps, cela se présente nettement plus mal en zone Euro pour la BCE qui semble piégée par son attentisme… j’y reviens dans une autre analyse.

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