Réforme représentativité syndicale, réforme syndicats, réforme démocratie sociale : Réforme de la représentativité syndicale : ce qui devrait changer pour les entreprises

Le dépoussiérage des relations entre salariés et entrepreneurs se poursuit à un rythme jamais connu depuis des années… après la réforme du marché du travail, les partenaires sociaux sont invités depuis hier à discuter de ce qu’on appelle la réforme de la représentativité syndicale.

Le Président de la République la souhaite, la commission Attali la recommande, les syndicats ont jusqu’au 31 mars pour se mettre d’accord : la discussion sur la réforme de la représentativité syndicale a débuté hier entre syndicats et patronat.

De quoi parle t-on au juste ?

De moderniser le dialogue entre les syndicats de salariés et ceux des patrons en améliorant la représentativité de chacune. Actuellement, seules 5 confédérations syndicales de salariés par exemple sont autorisées à participer au dialogue social : la CGT, la CFDT, FO, la CFTC et la CFE-CGC.

Cette liste est figée… depuis 1966 indépendamment de l’évolution du nombre d’adhérents. Cela veut dire que d’autres centrales syndicales n’ont pas le droit de dialoguer avec le patronat, même si leur nombre d’adhérents était à la hauteur des 5 centrales citées ci-dessus. Cela concerne notamment l’UNSA, Solidaires ou encore la FSU.

Le souci de représentativité des salariés dans les discussions avec les entreprises est patent : il arrive fréquemment que des confédérations signent des accords avec les entreprises alors que leurs adhérents ne représentent qu’une forte minorité sur le total des salariés de l’entreprise.

Ce qui devrait changer avec la réforme de la représentativité syndicale

Les syndicats devront se moderniser

Les syndicats seront amenés à revoir leur financement. Celui-ci est actuellement largement financé par l’Etat et surtout distribué aux 5 confédérations syndicales actuellement autorisées au dialogue. Or si la représentativité syndicale est revue, il sera nécessaire de partager le gâteau avec d’autres syndicats.

Les syndicats devront trouver des solutions pour augmenter le taux de syndicalisation. Celui-ci est sous la barre des 10% depuis vingt ans en France (source INSEE).

Enfin, les syndicats devront mettre en place une forme de démocratie sociale. C’est à dire voir leur représentativité définie par des résultats électoraux au sein des entreprises.

Les entreprises devront améliorer le dialogue avec les syndicats

Elles doivent aider à légitimer le dialogue.

Le souci actuel des entreprises est que le dialogue avec leurs interlocuteurs n’est pas représentatif : premièrement elles discutent avec des responsables qui représentent à peine 10% de tous les salariés. Cela pose un problème de légitimité des interlocuteurs au sein de l’entreprise. Quid des 90% d’autres salariés ? Ensuite, ces syndicats ne sont eux-mêmes parfois pas représentatifs au sein même du front syndical… d’où la discussion en cours sur une réforme.

L’intérêt des entreprises pour accompagner cette modernisation devrait être évident : discuter avec des interlocuteurs représentatifs c’est d’une part reconnaître la parole des employés, et c’est d’autre part légitimer ce dialogue et les décisions qui en découlent.

En d’autres termes, la réforme de la représentativité syndicale devrait obliger chacun à prendre ses responsabilités pour le bien commun de la majorité des salariés d’un côté, et des patrons de l’autre.

Voyez-vous d’autres conséquences à cette réforme de la représentativité syndicale ? Qu’est-ce que cela vous inspire ?

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