Statut auto-entrepreneur, auto-entrepreneurs, auto-entreprise : Le statut d’auto-entrepreneur : un bilan en demi-teinte

Après 3 ans d’existence, les auto-entrepreneurs sont désormais plus d’un million en France !

Un chiffre qui montre que ce statut, parfois mis sur la sellette par les députés, séduit toujours autant pour sa simplicité de création et son régime fiscal avantageux.

 

Qui sont les auto-entrepreneurs ?

 

Une étude menée par Ciel en partenariat avec l’Union des Auto-Entrepreneurs (UAE) fin 2011 auprès de 1023 auto-entrepreneurs révèle quelques éléments assez surprenants : 80 % des auto-entrepreneurs sont des hommes dont la moyenne d’âge se situe entre 40 et 50 ans !

La création d’auto-entreprises a aussi augmenté chez les 50-60 ans avec une hausse de 10 % en un an.

Très satisfaits de ce nouveau statut, avec une quasi-unanimité de 95 %, ils sont 40 % à le considérer avant tout comme un tremplin nécessaire pour tester une activité avant d’évoluer vers un statut plus classique.

 

Combien gagnent-ils ?

 

Les chiffres varient selon les enquêtes mais ils sont moins de 40 % à déclarer vivre de leur activité.

En 2010, le chiffre d’affaires moyen relevé par l’Acoss est estimé à 8 320 € par an soit un peu moins de 700 euros par mois. Les revenus des auto-entrepreneurs constituent donc pour l’essentiel une ressource complémentaire au salariat, au chômage ou à la retraite.

Mais ce chiffre d’affaire faible révèle aussi une autre réalité, pointée du doigt par les auto-entrepreneurs : le manque d’accompagnement des créateurs. Et faute d’une réflexion en amont sur des questions stratégiques (Quel produit/service pour quel marché ? Comment se faire démarquer de la concurrence ? Quelle stratégie commerciale mettre en place ? Quelle politique de prix ?), les entrepreneurs peinent à développer leur activité.

Il ne faut pas oublier qu’une auto-entreprise est une entreprise à part entière !

 

Le “cap” difficile des 3 ans

 

La quasi-totalité des radiations d’auto-entreprises est liée à une cessation d’activité. Mais, jusqu’à présent, la vitalité de ce statut ne s’était jamais démentie. Sur l’année 2011 par exemple, plus de la moitié des nouvelles entreprises ont été créées sous le statut d’auto-entrepreneur.

Or, en décembre 2011, un phénomène inédit a été enregistré : la supériorité du nombre de radiations par rapport aux créations.

L’origine de ce mouvement est facilement identifiable : la cotisation foncière des entreprises. Au-delà de l’année de création et des deux années suivantes, soit lors de la quatrième année d’exercice, les auto-entrepreneurs sont redevables de cette taxe.Mais son montant peut être très élevé puisqu’il varie de 200 à 2000 euros en fonction des communes ! Insurmontable pour tous ceux qui ont de très petits revenus…

Pour contrer cet « effet taxe CFE », de nombreuses pistes sont à l’étude comme le prélèvement à la source de la CFE en pourcentage du chiffre d’affaires réalisé.

Crédit photo : merci à Olibac

 

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