Les entreprises françaises se portent-elles mieux en ce début d’année ? Plusieurs études publiées à quelques jours d’intervalle début mars laissent entrevoir une embellie économique. S’agit-il d’une tendance de fond ou d’un enthousiasme qui va vite retomber ?

Voici quelques éléments de réponse.

Le climat des affaires est-il positif au premier trimestre 2018 ?

Il y a du bon…

Commençons par les bonnes nouvelles :-)

Le baromètre d’analyse et de mesure de l’activité économique des TPE-PME, publié chaque année par l’Ordre des Experts-Comptables, montre qu’en 2017, les petites et moyennes entreprises françaises ont augmenté leur CA de + 2,3% en moyenne (source).

D’après la même étude, l’investissement annuel moyen des TPE-PME est en progression de +1,9% par rapport à 2016.

En parallèle, on constate que le nombre de défaillances d’entreprises n’a jamais été aussi bas depuis octobre 2008 et que les créations d’entreprises sont en hausse (+7,2% sur un an en janvier 2018). Hors micro-entreprises, il y a eu 356 000 créations (à titre de comparaison, avant la crise en août 2008, il y avait eu 340 686 créations).

La croissance a atteint près de 2% et le chômage est en baisse (8,6% de la population active sans emploi au dernier trimestre 2017…ce n’était pas arrivé depuis 2009).

…et du moins bon

Tout d’abord, il faut voir que le regain de confiance économique ne touche pas toutes les entreprises ou tous les secteurs d’activités. Un exemple : si l’investissement annuel moyen des TPE-PME est en hausse (voir supra), les petites structures qui réalisent moins de 250 K€ de CA sont plutôt pessimistes (investissement en recul de 1,8% par rapport à 2016). De même, les secteurs du commerce (-0,5%) ou de l’hébergement/restauration (-4%) sont loin d’avoir investi dans leur activité.

Le même phénomène apparaît sur le front de l’emploi : tous les chômeurs n’ont pas profité de cette embellie économique (il n’y a par exemple que 16 000 demandeurs d’emplois en moins dans la catégorie A).

Cette situation n’est pas sans poser un problème de fond, comme l’explique Dany Lang, maître de conférences à l’Université Paris 13 et professeur à l’Université de Saint Louis en Belgique (source) : “Il faut savoir si ce qui ne va pas aux salaires va aux investissements, et ce n’est pas le cas ! Deux tiers des profits étaient réinvestis en 1980, c’est seulement un tiers aujourd’hui ! Pour permettre une croissance durable, ce n’est pas la bonne méthode.”

La banque Natixis a quant à elle publié en février 2018 un rapport au titre éloquent : “Optimisme généralisé : une série de malentendus ?”.  Elle considère en effet que l’enthousiasme actuel repose sur une série d’erreurs d’analyse. Elle souligne par exemple que malgré l’effort d’investissement et le développement du digital, les gains de productivité restent faibles en France et dans le reste du monde.

A suivre donc…

Et vous, qu’en pensez-vous ? A votre niveau, avez-vous le sentiment qu’il y a une reprise économique ?

Mettre en favoris et partagerEntreprise»Abonnement