En juillet, les prix à la consommation ont baissé de 0,3 % après 3 mois de stabilité selon les chiffres de l’Insee. Sur un an, l’IPC (indice des prix à la consommation) n’a augmenté que de 0,5%.

Le gouvernement commence à redouter ouvertement un “risque de déflation”.

Déflation et désinflation en France

Qu’est-ce que la déflation ?

 La déflation est l’augmentation du pouvoir d’achat de la monnaie. Elle va avoir pour conséquence une baisse globale et durable des prix. On parle d’inflation négative.

C’est une notion très différente de la simple baisse de l’inflation (les prix continuent d’augmenter mais beaucoup moins vite). Dans ce cas, on parle de désinflation.
C’est justement à cause de cette hausse du pouvoir d’achat de la monnaie que le Président de la République lutte contre la politique de l’ “euro fort” et tente de convaincre ses partenaires européennes (et notamment l’Allemagne) de faire baisser le niveau de l’euro.

Pourquoi parle t-on de “cercle vicieux” ?

En fait, il n’y a pas besoin de connaître une véritable situation de déflation pour avoir des problèmes.

Il suffit que les consommateurs anticipent la baisse des prix pour avoir des conséquences tangibles sur l’économie :

  1. Les ménages repoussent leurs achats en attendant d’obtenir des tarifs encore plus avantageux
  2. S’ils achètent moins, les stocks des entreprises augmentent
  3. Si les stocks sont plus importants, la production diminue ainsi que les prix de vente
  4. Les entreprises n’arrivent plus à s’en sortir : elles baissent leurs prix mais elles reportent leurs investissements, elles sont contraintes de compresser les salaires ou de licencier, certaines sociétés déposent le bilan….
  5. Le pouvoir d’achat des ménages baisse
  6. Comme la demande diminue, le poids de la dette s’accentue
  7. Un cercle vicieux s’enclenche : comme ils ont moins de pouvoir d’achat, les consommateurs attendent une baisse des prix, etc…

Pourquoi parle t-on en ce moment du risque de déflation ?

Comme indiqué précédemment, pour qu’il y ait déflation, il faut que la baisse des prix soit :

  • généralisée : elle doit concerner les biens, les services mais également les salaires (ce qui n’est pas le cas en France)
  • et persistante : il faut qu’elle dure au moins depuis plusieurs trimestres

Pour l’instant, la France est plutôt en situation de désinflation : l’inflation ralentit mais elle reste positive.
Alors pourquoi évoquer le risque de déflation ?

Il y a en réalité trois raisons à cela :

  • la désinflation peut être une situation aboutissant à un cycle de déflation
  • l’Espagne vient d’entrer dans un cycle de déflation, ce qui constitue une alerte au niveau européen
  • il y aussi une raison politique : comme les négociations pour les objectifs budgétaires  à atteindre auront lieu à la rentrée, la France prépare Bruxelles et les autres pays européens à son déficit (qui ne sera pas conforme aux prévisions).

La Banque Centrale Européenne (BCE) a décidé de réagir pour tenter d’éviter une déflation au sein de l’UE en prenant différentes mesures : baisse des taux directeurs pour pousser les banques à prêter davantage au secteur privé, rachats d’actifs pour mettre de l’argent dans l’économie, dispositifs destinés à relancer la consommation et donc l’inflation….

Et vous, qu’en pensez-vous ? Estimez-vous qu’il y a un vrai risque de déflation  ?

Crédit photo : Shutterstock.com
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