D’après une enquête sur le fait religieux réalisée par l’institut Randstad et l’Observatoire du fait religieux en entreprise*, les revendications religieuses au travail ont doublé.

  • 23 % des managers doivent régler régulièrement (de façon quotidienne, hebdomadaire ou mensuelle) des faits liés  à l’appartenance à une confession religieuse  (soit deux fois plus qu’en 2014)
  • 50% des managers ont déjà été confrontés au fait religieux

Entreprise et religion  : les faits religieux augmentent

Les cas les plus fréquents sont :

  • une demande d’absence pour une fête religieuse (19%)
  • le port d’un signe ostentatoire sur le lieu de travail : croix, kippa, foulard, turban…(17%)
  • une demande d’aménagement d’horaire (12%)

Les situations conflictuelles existent mais elles restent encore marginales :

  • une demande de pouvoir prier pendant le temps de travail (7%)
  • le refus de travailler avec une femme, voire de lui parler,  qu’elle soit ou non supérieur hiérarchique (4%)

Seulement 8% des salariés se disent gênés par les pratiques religieuses de leurs collègues. Et dans 94% des faits religieux, il n’y a eu aucun conflit, donc le climat dans l’entreprise reste apaisé. Ce que les salariés n’admettent pas en revanche :

  • la composition d’équipes à partir du critère religieux, même si certains salariés le souhaitent (86%)
  • le refus d’exécuter une tâche pour des motifs religieux (78%)
  • qu’une personne qui prie pendant sa pause demande aux autres de se joindre à elle (60%)
  • le port ostensible de signes religieux (2/3 des salariés)

 Comment réagir ?

64% des salariés sont pour l’interdiction des signes religieux visibles au travail. Mais les salariés pratiquants ne doivent pas non plus se sentir stigmatisés.

Pour éviter les dérapages, mais aussi les menaces d’accusation de discrimination ou de racisme, le Medef va rééditer prochainement un carnet de recommandations. Le but sera de fournir un cadre pour que les discussions entre les managers/l’employeur et les salariés restent sereines.

La loi en effet ne prévoit rien à ce sujet et, dans le domaine privé, le principe de laïcité n’a pas à s’appliquer. Mais si l’employeur ne peut pas interdire l’expression de convictions religieuses, il peut fixer des restrictions précises lorsque la pratique religieuse n’est pas compatible avec la bonne marche de l’entreprise, le travail exercé ou la sécurité.

Certaines entreprises, comme la RATP ou Casino, distribuent des guides à leurs managers. D’autres font adopter une charte pour interdire le port de signes religieux (comme par exemple Paprec, une entreprise de recyclage).

Et vous, qu’en pensez-vous ?

 *étude réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 1296 salariés, entre février et mars 2015, dont 93% occupent des fonctions d’encadrement
Crédit photo : Shutterstock.com 
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