Depuis vendredi, la publication du projet de loi de finances 2013 a déclenché une vague de rumeurs sans précédent sur la mort annoncée du statut d’auto-entrepreneur.  Pourtant, après avoir éliminé les fausses allégations et les approximations, il semblerait qu’il s’agisse surtout d’une tempête dans un verre d’eau…

Qui est responsable ? Pourquoi ? Quels sont les vrais changements pour les auto-entrepreneurs ?

 mobilisation auto-entrepreneurs

La petite phrase qui met le feu aux poudres

Tout commence vendredi dernier, par la publication officielle du projet de loi de finances 2013.   Dans ce texte,  il est notamment prévu un “alignement du régime de cotisation sociale des autoentrepreneurs sur celui des autres entrepreneurs individuels”.

Cela signifie-t-il que le statut des auto-entrepreneurs est menacé ? NON ! Il s’agit ni plus ni moins d’une hausse prévue (a priori de 2 à 3 points) du forfait de cotisations sociales.

Pourtant, sans prendre le temps d’analyser ou de vérifier ces informations auprès du ministère, la FEDAE publie des communiqués incendiaires et mobilise la presse en déclarant notamment :

Grégoire Leclercq et Cyrille Darrigade, respectivement président et Vice-Président de la FEDAE ont réagi vivement : « Le régime sera tué car le mode de calcul des cotisations sociales sera forfaitaire et remet en cause le pilier fondateur du régime qui prévoyait une exonération de charges en l’absence de chiffres d’affaires.La réforme n’améliora pas la protection sociale des bénéficiaires du régime dans la mesure où cette protection était déjà identique à celle des autres travailleurs indépendants. »

C’est pourtant FAUX ! Non, les principes fondateurs du statut d’AE ne sont pas remis en cause.  Comme toujours, tant que vous ne déclarez pas de chiffre d’affaires, vous n’avez pas de charges à payer !

Un buzz opportuniste

Dès le lendemain, soit le samedi 29 septembre, le ministère du Commerce et de l’Artisanat a clarifié sa position, pour ne laisser aucune place à la confusion (source AFP) :

“Nous avons uniquement décidé de relever les taux forfaitaires pour les rapprocher de ceux des indépendants. C’est une question d’équité. Le reste (avantages fiscaux, démarches simplifiées) ne varie pas. Si les auto-entrepreneurs gagnent zéro, ils continueront de payer zéro”

Mais rien n’y a fait. Appels à mobilisation sur le web et les réseaux sociaux, diffusion d’informations erronées, tout y passe. Et les rumeurs les plus folles circulent à la vitesse grand V.  Évidemment, cet emballement n’est pas toujours”gratuit” : les médias font grimper leur audience, certains organismes vendent des adhésions….

Quand les “pigeons” s’en mêlent…

Pigeons et entrepreneursDans la foulée, une nouvelle communauté est née sur Facebook : les Pigeons.   Ce groupe se revendique “mouvement de défense des entrepreneurs français” mais, pour l’instant, l’identité de ses membres fondateurs est encore inconnue.

Il permet sans doute de témoigner du besoin de reconnaissance des chefs d’entreprise mais là encore, les informations véhiculées s’avèrent souvent inexactes, notamment en ce qui concerne la prétendue taxation à 60 % en cas de vente de leur entreprise (source) . Tout est bon pour faire monter la sauce ! 

Sur le forum, le débat est d’ailleurs assez passionné entre les pro-pigeons et les sceptiques :  participer à la discussion

Une seule certitude : avec un nombre de fans en constante augmentation (34 545 à ce jour) et un solide réseau relationnel (une agence de com’ serait derrière ce fameux mouvement), les pigeons ne vont pas tarder à servir les intérêts politiques et les ambitions des uns et des autres. L’UMP s’est déjà empressée d’apporter son soutien à ces volatiles (source)…

Ne vous laissez pas manipuler ! Vous n’êtes ni des pigeons, ni des moutons !

Se mobiliser, c’est bien ! Mais il faut que ce soit pour les bons motifs. Ne vous laissez pas manipuler !

Tant que le régime de l’auto-entrepreneur n’est pas directement menacé, pourquoi jouer les rapports de force plutôt que la concertation et le dialogue ?

Comment parviendrez-vous à faire entendre votre voix lorsque le statut d’AE sera vraiment sur la sellette si une simple hausse des cotisations déclenche un mouvement d’une telle ampleur ? L’indignation systématique risque d’être totalement contre-productive, surtout lorsque l’ensemble des français (entrepreneurs et particuliers) est mis à contribution.

Les années à venir s’annoncent très dures. Il va falloir se serrer les coudes, s’entraider, et certainement se mobiliser pour défendre l’essentiel.  Et là, comme à chaque fois que cela a été nécessaire, vous pouvez compter sur Gautier-Girard.com !

Crédit photo : merci à Erminig Gwenn

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