Le 1er tour des élections présidentielles va se dérouler dimanche prochain. Si vous êtes auto-entrepreneur, il faut savoir que tous les candidats ne voient pas votre statut avec bienveillance

Que vous ayez ou non l’intention d’aller voter, voici donc un petit récapitulatif qui vous permettra d’anticiper les éventuelles conséquences sur l’avenir de votre auto-entreprise.

1- Nathalie Arthaud

La candidate refuse de se prononcer sur l’avenir du statut, qu’elle considère comme une “supercherie”.

En 2010, alors qu’elle était en déplacement pour présenter la liste de Lutte Ouvrière aux élections régionales en Auvergne, elle a notamment déclaré  (voir la vidéo - déclaration sur les AE à 5:13) :

 Si j’ai bien compris, il y a très peu d’auto-entrepreneurs qui arrivent à vivre des recettes de leur activité, que c’est plutôt le reflet finalement du chômage, des licenciements. C’est sûr que quand on est licencié, quand on se retrouve sans rien pour vivre, et bien on essaie de monter sa petite affaire. Alors il y a un nombre de pizzas ambulants qui s’est démultiplié partout dans les coins de rues, mais je ne crois pas que c’est avec ça qu’on vit. Et puis vous savez, l’auto entrepreneuriat, vous allez à Abidjan, vous allez à Mexico, des auto entrepreneurs vous en avez dans toutes les rues : ils ont 8 ans, ils ont 10 ans, ils ont 12 ans, ils vendent des chewing-gums à l’unité, et c’est pas pour ça qu’ils en vivent. Moi je crois plutôt que c’est le reflet de l’appauvrissement de la société et du fait de la catastrophe sociale .

Les auto-entrepreneurs ne manqueront pas d’apprécier la comparaison….

 

 2- François Bayrou

Il est pour le maintien du statut d’auto-entrepreneur mais souhaite le limiter dans le temps (peut-être à 3 ans). Ce qui signifie que le régime de l’auto-entrepreneuriat resterait adapté pour tester une activité, mais plus vraiment pour ceux qui veulent obtenir un revenu complémentaire (salariés, chômeurs, retraités…).

Dans l’émission Parole de Candidat sur TF1, il a ainsi répondu :

Je trouve que c’est un bon statut parce que ça a ouvert la porte à la création d’entreprise à beaucoup de personnes qui autrement n’auraient pas franchi le pas. Dans le bilan du gouvernement des cinq années, j’ai dit que c’était à mon avis un point positif, simplement il faut aussi entendre ceux qui disent attention, il y a des risques de déstabilisation, et je trouve que ce statut doit s’interrompre au bout de quelques années, peut-être trois ans, quelque chose de cet ordre. Mais en tout cas, ça a mis le pied à l’étrier, ou ça a autorisé des femmes ou des hommes qui autrement n’auraient pas osé, à créer leur propre entreprise, je trouve plutôt que c’est bien.

 

 3- Jacques Cheminade

Le candidat ne semble pas s’être prononcé sur le sujet.

 

 4- Nicolas Dupont-Aignan

Il est favorable au régime d’auto-entrepreneur mais il considère qu’il doit être bien encadré pour éviter toute concurrence déloyale et pour que ce régime reste un complément d’activité ou une phase simplifiée pour le lancement d’une entreprise.

 

 5- François Hollande

Il reste favorable au maintien du statut mais il compte le modifier.  Une limitation du statut à 3 années, longtemps évoquée, n’est toujours pas exclue.

Dans une lettre adressée à Cyrille Darrigade, président du Mouvement des Auto-Entrepreneurs de France, il confirme :

Il n’est nullement dans mon intention de le supprimer. En revanche, il me semble donc nécessaire d’y apporter des adaptations que j’entends engager en concertation avec les organisations représentatives, ce qui est pour moi un préalable à toute évolution législative, dans les domaines qui touchent au droit du travail, à l’économie, aux entreprises.

En tout état de cause, il convient de maintenir la possibilité à tous ceux qui souhaitent entreprendre, de lancer leur projet et ainsi vérifier la pérennité de leur activité économique.

 

 6- Eva Joly

A priori, la candidate est favorable au statut mais elle envisage d’exclure du dispositif certaines activités nécessitant des qualifications, comme les métiers du bâtiment (source) :

Être entrepreneur dans le bâtiment, comme dans beaucoup d’autres secteurs, nécessite en effet de nombreuses qualifications. Le problème de ce statut, est qu’il n’est pas suffisamment protecteur pour les entrepreneurs, en terme de droits sociaux. Si le régime d’auto-entrepreneur est incompatible avec ces exigences, alors il faudra en sortir les professions du bâtiment. Je suis prête à organiser un débat sur ce point avec l’ensemble des acteurs concernés.

 

 7- Marine Le Pen

La candidate ne s’est pas prononcée directement sur le sujet. Elle a néanmoins relevé que ce statut créait une situation de concurrence avec les artisans.

 

8- Jean-Luc Mélenchon

Il souhaite supprimer le régime d’auto-entrepreneur.  Dans une interview accordée au Parisien le 10 mars dernier (source), il qualifie ce régime “d’arnaque de première grandeur”.

 

9- Philippe Poutou

Il veut supprimer le régime d’auto-entrepreneur. Sur son site officiel, il explique :

Officiellement, l’instauration de ce statut était aussi un moyen de créer des emplois mais la grande majorité de ces auto-entrepreneurs n’ayant pas de salarié, l’impact sur l’emploi est nul. C’est donc bel et bien un mirage. (…) Nous sommes donc pour l’abrogation de ce statut qui casse le contrat de travail, détourne le code du travail et amplifie la précarité.

 

10- Nicolas Sarkozy

Il reste favorable au régime de l’auto-entrepreneur et se refuse à lui apporter des limites. Par contre, il propose d’aligner le régime des artisans sur celui des AE pour qu’ils ne paient des charges que lorsqu’il y a un chiffre d’affaires.

 

Note : ce classement n’indique aucune préférence,  il est simplement effectué par ordre alphabétique 8)

Crédit photo : merci à Mykl Roventine

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