”Les auto-entrepreneurs nous cassent les pieds !“. Voilà les propos qu’aurait tenu le président de la Cipav, Jacques Escourrou, aux journalistes de l’Express (source). Qui n’hésite pas non plus à les qualifier de “branleurs”.

A l’origine de cette exaspération, il y a un rapport de la Cour des Comptes publié début 2014 qui pointe la mauvaise gestion des retraites des auto-entrepreneurs en activité libérale.

La retraite des auto-entrepreneurs est-elle en danger ?

Jusqu’à présent, le système fonctionne ainsi :

  1. les auto-entrepreneurs paient leurs cotisations sociales tous les mois ou tous les trimestres en fonction du chiffre d’affaires réalisé
  2. l’Urssaf répartit ces cotisations aux différents régimes de retraites auxquels sont affiliés les auto-entrepreneurs
  3. La Cipav est chargée de la gestion des droits individuels à la retraite des auto-entrepreneurs en profession libérale…or elle n’a pas encore développé (depuis 2009 !) l’application informatique qui lui permettrait de le faire ! Pour l’instant, lorsqu’un AE doit partir en retraite, la Cipav demande à l’Acoss (agence centrale des organismes de sécurité sociale) de faire une recherche de données pour calculer ses droits….avec de nombreuses erreurs à la clé. 

Il y a même pire ! Selon la Cour des Comptes, “la Cipav minore les droits à retraite complémentaire des auto-entrepreneurs”  puisqu’elle leur attribue moins de points de retraite que prévu (un à deux par an au lieu de 4).

La Cour des Comptes a alors demandé à la Cipav de régulariser sans délai la situation et d’arrêter définitivement ces “pratiques irrégulières”.

Jacques Escourrou, le président de la Cipav, estime quant à lui que le rapport de la Cour des comptes est “honteux et scandaleux” car ces accusations seraient totalement infondées.   Il affirme néanmoins regretter d’avoir à gérer les auto-entrepreneurs, qui coûtent plus cher à la caisse qu’ils ne lui rapportent.  Il considère en outre qu’ils ne paient pas suffisamment de cotisations et qui ne pourront bénéficier que d’une “retraite minable”.

Mais la Cipav se veut rassurante : les auto-entrepreneurs n’ont aucune raison de s’inquiéter du paiement de leur retraite.  Elle aurait d’ailleurs mis en place un accès direct au portail de l’Acoss pour diminuer les risques d’erreurs et verser les prestations réellement dues aux auto-entrepreneurs.

Crédit photo : merci à Austronesian Expeditions 
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