Raccourcir les délais de livraison est un véritable casse-tête pour tous les e-commerçants…Comment faire plus vite et optimiser encore la logistique pour fidéliser une clientèle toujours plus exigeante ?

Amazon croit avoir trouvé la réponse avec le concept de “livraison anticipée” (protégé par un brevet depuis le mois de décembre dernier) : concrètement, il s’agit de préparer les commandes, et parfois même de les expédier, avant même que le client ne clique sur “acheter”.

En fait, ses habitudes d’achat sont analysées, de même que les produits qui vont être rajoutés dans le panier. Grâce à ces informations, les ordres de commandes seraient passées par anticipation, ce qui diminuerait notablement les délais d’expédition.

Amazon : e-commerce et livraison anticipée

Selon Amazon, le client pourrait alors, au choix :

  • retourner le produit reçu mais non souhaité : ce serait la pire option pour le groupe car les coûts seraient alors non négligeables pour l’entreprise
  • garder et payer le produit reçu
  • profiter de réductions ou convertir en cadeaux promotionnels la commande non désirée

Les clients français d’Amazon ne devraient pas être concernés par cette nouvelle façon de procéder.

Au-delà du risque d’impayés et/ou de la dégradation de l’image de marque de l’entreprise (les clients peuvent ne pas apprécier cette utilisation de leurs données personnelles), cette idée est en effet difficilement transposable en France : il est interdit d’expédier un produit au consommateur et de lui demander de le retourner s’il ne veut pas l’acheter. Cela serait considéré comme de la vente forcée.

En effet, d’après l’article L 122-3 du code de la consommation,“Il est interdit d’exiger le paiement immédiat ou différé de biens ou de services fournis par un professionnel ou, s’agissant de biens, d’exiger leur renvoi ou leur conservation, sans que ceux-ci aient fait l’objet d’une commande préalable du consommateur”.

L’ e-commerçant qui utilise de telles méthodes risque notamment deux ans d’emprisonnement, une amende de 150 000 €, l’interdiction d’exercer une activité commerciale durant 5 ans (pour les personnes physiques), la dissolution de la société ou une interdiction d’exercer des activités professionnelles (pour les personnes morales)….

 En conclusion : c’est une idée à ne pas suivre pour les e-commerçants en France !

Crédit photo : merci à Mikel Agirregabiria 
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